Elle était rejetée massivement par la police et même la justice, elle a pourtant été mise en place. Les meilleurs fuient le nouveau système qu’ils qualifient de « réforme désastreuse ».

Gérald Darmanin a tenu sa promesse, le déploiement de la nouvelle Police nationale sera effectif à la fin de cette année. Le ministre de l’Intérieur a réorganisé toute la hiérarchie de la Police nationale : désormais ce sont les directions départementales qui dirigent chaque police. Le grand chef de chaque direction est le préfet. Cela signifie que le suivi des enquêtes, des dossiers ne sera et ne pourra plus être aussi rigoureux qu’auparavant.

Les meilleurs fuient le nouveau système

La police judiciaire, qui gère les affaires les plus importantes puisqu’elles peuvent parfois être internationales, reste intacte, mais elle ne pourra plus faire appel aux directions interrégionales de la police judicaire.

Deux pôles de la Police nationale ont été épargnés par la réforme : la préfecture de police et les CRS. Il est aisé d’en déduire que le maintien de l’ordre est priorisé dans cette réforme.

La partie enquête, très touchée par cette réforme, voit la fuite en avant des meilleurs enquêteurs vers la DGSI. Pour les plus âgés, l’heure du bilan n’est pas nécessaire, ils demandent une mise en retraite. Les effectifs fondent !

Le point de départ de cette réforme est le mal-être de la Police nationale. Parce qu’indéfinissable, une réforme totale avec un virage à 180 ° a été enclenché. Et ce, sans accord de la police ou de ses syndicats…

Un objectif : sauver la sécurité publique

Vous l’aurez noté, la sécurité publique a besoin de plus de ressources. Trop de dossiers s’accumulent, presque 3 millions à l’heure actuelle. Le renseignement territorial est rattaché à la sécurité publique depuis une quinzaine d’années, mais ce n’est pas suffisant. La police judicaire va donc intégrer la sécurité publique. Selon la famille policière, c’est tout sauf productif. Le constat est simple : colère et incompréhension.

La police judiciaire est composée d’enquêteurs maîtrisant leur domaine parfaitement, avec des méthodes de travail particulières, des qualités acquises par l’expérience. Qui va les remplacer ? qui sera capable d’abattre la charge de travail qui, parfois, nécessite des années de travail. Pour rappel, la police judicaire gère les affaires les plus importantes et les plus sensibles telles que le terrorisme, les trafics de drogue internationaux, le grand banditisme…pour ne citer que ces domaines. Si l’inquiétude et la colère grondent au sein de la Police nationale, il en est de même chez les magistrats qui travaillent de pair avec ces enquêteurs. Aucun doute, cette réforme va avoir des conséquences négatives sur l’ensemble du système judicaire français : ignorance des sujets par les futurs « enquêteurs », perte de temps…

Un investissement à perte selon les politiques

Il est souvent indiqué par nos politiques que le temps passé à résoudre les grandes affaires est trop important. Pire, pendant ce temps-là, les délits tels que les violences conjugales, les vols, les cambriolages ne sont pas traités au détriment de ces affaires dites plus sérieuses. Ces enquêteurs de la police judiciaire sont donc considérés comme non rentables. Ils ne sont pas aidés, car des ripoux, les policiers véreux, il y en a eu, il y en a et il y en aura toujours. Combien de ces policiers ont prévenu des personnalités d’une mise en examen ou d’une perquisition ? imaginez le temps perdu pour ces policiers pourtant très pointilleux, efficaces. En quelques minutes, tout leur travail d’investigation est réduit en miettes à cause d’un policier mal intentionné à l’égard de ses pairs.  

La perfection n’est plus d’actualité, même remise en cause

C’est la fin de la police judiciaire ! On ne priorise plus la résolution des enquêtes, on protège les amis de chacun. On crée une société où la justice n’est plus.

La réalité des faits n’existe plus. On va sélectionner les sujets à traiter. En moins d’un an, les assassinats liés au trafic de drogue ont augmenté de plus de 50%. Les grands criminels pourraient être de retour très prochainement. La réforme est en place certes, mais la suite n’est pas encore écrite. Il faut réagir et agir vite à ce désastre. 

Photo de Paul MARSAN sur Unsplash