Les candidatures pour devenir policier chutent, conséquence directe des mauvaises impressions

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Ils ont été agressés pendant les manifestations, les émeutes et même pendant leurs jours de repos, les policiers sont victimes d’une mauvaise image auprès des Français. Retour sur l’histoire de la police. 

Lors d’un entretien avec le journal Le Figaro, Jean-Marc Berlière, historien et spécialiste de l’histoire de la police, dévoile le chemin fastidieux parcouru par la police au cours de l’histoire, comment elle est perçue par les Français.

Selon Jean-Marc BERLIÈRE, vu de l’extérieur, la police paraît être de plus en  plus détestée. Il n’en est rien ! Au cours de son histoire, la police n’a jamais eu de succès, elle est même détestée depuis toujours. La première raison est qu’elle permettait, il y a trois siècles, d’asseoir l’autorité des chefs de l’État : une justification de la tyrannie mise en place par les gouvernements successifs français. Pour preuve, au lendemain du début de la Révolution française, un nombre certain de policiers (du brigadier au commissaire de police) sont poursuivis et parfois lynchés. Non seulement, la population française n’aime pas les policiers, mais les écrivains également à la fin du XIXe siècle. 

La police est ressortie « bonne » à deux périodes selon Jean-Marc Berlière : la première lors de la Libération, la seconde lors de l’attentat contre le journal satirique Charlie Hebdo. Ils sont apparus comme des héros, des sauveurs. Hélas, cela ne dure jamais ! Ils sont souvent perçus comme des moins que rien par la population. 

Quelle image la police renvoie-t’elle ?

Ordre, discipline, méthode sont les fondamentaux des forces de l’ordre, termes qui ne sont pas appréciés par la population donc on n’aime pas les professions qui les appliquent. Elles sont donc souvent prises pour cibles. En outre, la police agit sous les ordres des gouvernements successifs et lorsque nous ne sommes pas d’accord avec certains gouvernements, c’est cette police qui est visée par les critiques, les rejets.

On peut reconnaître une accalmie lorsque la police de proximité, police présente essentiellement dans les quartiers populaires, a été mise en place. Cela a en effet calmé la population parce que les gens se sentaient écoutés, et se livraient donc plus facilement.  Au début des années 2000, le ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, a décidé de supprimer la police de proximité considérée, selon lui, plus comme des travailleurs sociaux que de vrais policiers.  

Les forces de gauche sont plus hostiles à la police que la droite, l’ONU émet des réserves quant à la structure de la  police. Est-ce nouveau ?  

La police a toujours été critiquée, plus encore par les partis de gauche. Mais dans les années 1930, certains groupes d’extrême-droite tels qu’Action française rejetaient la police, parce qu’elle était au service d’un gouvernement. 

Dans la première moitié du XXe siècle, la police est au service de la république selon les partis extrémistes (gauche comme droite) et donc simple exécutante des ordres d’un gouvernement. En réalité, elle empêche certains groupes de personnes d’agir à leur guise. Etant un obstacle à leurs objectifs, la police est très mal perçue voire rejetée. 

C’est dommage de les décrédibiliser, car il y a de moins en moins de candidats donc de moins en moins de présence policière pour  servir, protéger etc.