Nous y sommes presque : six mois, c’est beaucoup et peu à la fois. Pour les policiers, protagonistes, puisqu’ils seront en première ligne, ça va vite. À la suite des appels des différents syndicats de police, une manifestation a eu lieu le 18 janvier, rassemblant des centaines de policiers. Ce « jeudi noir », comme ils l’ont surnommé, leur a permis de montrer leurs questions au sujet de l’organisation des Jeux olympiques et des conditions de travail, exceptionnelles pendant la période.

Les décisions ont été prises de manière unilatérale, sans consultation auprès des syndicats de police, par le ministre de l’Intérieur. Les policiers, inquiets, ont réagi en manifestant leur mécontentement, leur inquiétude et leurs interrogations sur le déroulement des Jeux olympiques, également sur leurs missions, les conditions dans lesquelles ils vont travailler et les compensations pour cette mobilisation estivale. Si Gérald Darmanin exige leur présence pendant tout le déroulement des Jeux olympiques de Paris, il n’a pas précisé les contreparties. les policiers réclament, à travers ces manifestations, des détails sur leurs missions, leur rôle, mais également, des garanties sur des périodes de congé, une prime. À travail exceptionnel, prime exceptionnelle ! En manifestant dans les rues de Paris, ils souhaitent dénoncer des décisions prises sans eux et à l’approche des Jeux, ils n’ont pas peur de crier « Les JO, ce sera sans nous ».

Le manque de précision, de détails fait douter les syndicats, ils souhaitent une clarification des compensations et des missions demandées par le ministre de l’Intérieur. Ce n’est pas faute de demander. Les syndicats de police demandent, en effet, depuis septembre dernier « une espèce de cahiers des charges » clairement établi pour chaque partie : le ministère de l’Intérieur et les policiers.

Si le travail de la police est de protéger la population, le travail qu’ils auront à fournir pendant les JO sera tout autre et c’est la raison pour laquelle une prime exceptionnelle de 2 000 euros est demandée pour chaque fonctionnaire de police. Une autre demande, et figurant parmi les plus importantes, est celle des congés estivaux. Les policiers accumulent les missions, ils devront se reposer, c’est vital. Les syndicats demandent donc une confirmation que ces policiers auront droit à ces congés estivaux. 

La grogne des policiers est tellement forte que des manifestations dans d’autres villes que Paris ont eu lieu en Aquitaine, Loire-Atlantique, dans le Morbihan…

Le ministère de l’Intérieur a confirmé que les enfants de policiers travaillant pendant les JO pourront partir en vacances avec l’aide de subventions versées par l’État. Des pourparlers ont commencé pour la prime qui sera versée aux policiers pendant les JO. Aucune information sur la somme pour le moment.

La présence obligatoire des policiers a été entendue par l’ensemble des policiers, il faut maintenant que le ministre de l’Intérieur entende l’ensemble de leurs questions. Il est clair qu’en l’état actuel des choses, les policiers envisagent les JO sans eux. C’est un sujet qui n’a pas fini de faire parler…

Photo de Dave Kim sur Unsplash