Au début de l’année 2021, alors que j’étais en retraite depuis août 2020, à 58 ans, Je nourrissais le projet de me lancer un défi un peu original à l’approche de mes 60 ans en 2022. 

Plutôt sportive, par la pratique de sport diversifié (roller, sport de montagne, moto…) et d’esprit aventureuse (nombreux voyages à l’étrangers en mode backpackeuses avec conjoint et enfants), je cherchais dans le domaine sportif quelque chose d’un peu « extraordinaire », dans le sens de “sortir de l’ordinaire”. 

Résidant à proximité de la Vélodyssée, je regardais souvent passer les cyclotouristes avec sacoches, toiles de tente sur le vélo et enviait leur slow liberté. Cette observation, conjuguée à la passion du vélo qu’avait mon père, et qu’il m’a transmise, petit à petit s’est instillée dans mon esprit, l’idée de faire un tour de France, en vélo, mais pas exclusivement en mode “voyage”, comme les cyclotouristes. Il devait être associé à un défi sportif pour me dépasser.  J’ai creusé l’idée, et je me suis lancée le défi de faire le Tour de France de l’année de naissance de mon père : Le Tour de France de 1934.

J’ai trouvé le tracé de cette grande boucle, aux archives de la bibliothèque de France. Pendant près d’une année, j’ai travaillé mon itinéraire : Les routes d’aujourd’hui n’étant plus celle de l’époque, il me fallait respecter bien sur les villes étapes, mais également les villes « point de contrôles » et les villages traversés autant que faire se peut. Certaines petites routes ont disparu aujourd’hui au profit d’autres 4 voies ou autoroutes. J’ai dû nécessairement adapter le parcours.

Puis, covid oblige, trouvé un nouveau vélo s’avérant difficile, j’ai équipé le vélo type VTT de 2015 que je possédais, lequel, fort heureusement, était déjà pourvu d’un triple plateau et de freins à disque.

Opérée du genou droit en avril 2021, après une chute sur un vélo de route, Je n’ai pu m’entraîner qu’à partir de l’automne 2021. 

A l’aube du mois de juin 2022, je me suis lancée, seule dans cette aventure personnelle, sans assistance, avec 15kg de bagages sur le vélo.

J’ai choisi de faire ce tour en 2 sessions, car je ne pouvais m’absenter 2 mois consécutifs de la maison. J’ai effectué la 1ere partie en juin 2022, dite « moitié nord de la France » : Mon point de départ a été Mont de Marsan (ville la plus proche de mon domicile et, ville traversée par le TDF de 1934) et mon point d’arriver : Annemasse, en passant par l’Atlantique, l’Ouest, Nord et l’Est de la France.  

La 2em partie, en septembre 2022, « dite la moitié Sud de la France », d’Annemasse à Mont de Marsan, en passant par les Alpes, le Sud méditerranéen et les Pyrénées.

Le fait de partir solo, en mode camping, a compliqué singulièrement ce défi, car non seulement, j’avais physiquement mes étapes à parcourir, mais également l’intendance à assurer : Trouver à s’alimenter, sans surcharger ses bagages (c’est moins facile qu’on ne le croit), gérer les hébergements (j’avais mon listing de camping, mais parfois, le camping n’existait plus, ou était fermé…), à cela s’ajoutait, la recharge de mon téléphone et de ma batterie externe, quand l’électricité m’était accessible….

Il s’est avéré que mes étapes quotidiennes s’allongeaient du fait de plusieurs facteurs : Des erreurs d’itinéraires ; Des campings situés entre 1 à 3km de la route d’étape ; Des petits écarts (voir un monument dans une ville, se rendre au supermarché…), de fait, chaque jour je rallongeais mon étape d’environ +10% .

Comme les coureurs du Tour de France, tous les 5 jours environ, je m’accordais une journée de repos, qui me permettait : De récupérer de la fatigue accumulée ; de gérer mon intendance plus en profondeur : Rangement ordonné des affaires ; Nettoyage tente matelas… ; Lavage des quelques vêtements emportés ; Amélioration qualitative ma façon de me nourrir.

Sur le plan physique, j’ai souffert sur les premières étapes, de la première session : La selle, le rhume du cycliste et les cuisses, puis la douleur a fait place à une certaine habitude, puis a totalement disparue. 

Mentalement, sans prétention aucune, je n’ai jamais douté de pouvoir parvenir à relever ce défi. Certes ma condition physique est bonne, et Je ne pensais qu’à l’objectif fixé et aller jusqu’au bout. 

Je n’ai rien lâché, et dans la journée j’étais complètement concentrée sur l’étape du jour et comment économiser au mieux mes jambes, pour la journée, pour le lendemain et tous les jours suivants.                                                                              

Mon exposé ne serait pas complet sans quelques chiffres : 

Nombre d’étapes parcourues :

  • Sur la 1ere session : 24 étapes plus 4 jours de repos
  • Sur la 2em session : 25 étapes plus 4 jours de repos

Nombre de km parcourus : Alors que le TDF de 1934 comptabilise 4400km, j’en ai effectué en réalité 4900, soit environ 100km par jour (pour toutes les raisons évoquées supra).

Dénivelés +  : 52 000M, la 2em session ayant été de loin la haute et la plus difficile

Vitesse Moyenne pour l’ensemble des 49 étapes : 16,7KMH

Temps de selle Moyen par Jour :  Chaque durait environ 8h, avec un départ matinal entre 7h30 et 8h, pour t une arrivée à l’étape vers 16h00, soit environ 6h de selle par jour. Le delta de 2h correspondant à des arrêts pour multiples raisons (chercher son itinéraire, se couvrir, se découvrir, manger, boire, ……)

Nombre de cols franchis : 33 sur l’ensemble du parcours, dont : le Col des Aravis, Col du Télégraphe, Col du Galibier ; Col de Vars, Le Tourmalet ; L’Aubisque…)

Nombre de départements traversés : 45

Je n’ai pas eu vraiment le temps de faire du tourisme, malgré tout, ce road trip à vélo m’a permis d’admirer, en mode slow, voire très slow en montagne, toute la beauté de nos paysages français.                                                                                                                     Véronique DENEUX

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