LA MARCHE DE LA COLÈRE

 

 

Ils étaient 27 000 policiers, hors service et en civil, de la place de la Bastille à la place de la République ce mercredi 2 octobre 2019, pour exprimer leur colère justifiée par ce qu’ils ressentent comme de l’indifférence de la part de toute leur hiérarchie.

Une colère engendrée par l’hécatombe de collègues qui se suicident, 51 au jour de la manif.

Nous ne sommes pas des militaires en temps de guerre, où le nombre de morts importe peu. Nous sommes mobilisés contre le terrorisme, oui !

Dans ce cas, nous connaissons notre ennemi, et chacun à son poste, dans sa mission, ne ménage pas sa peine pour accomplir son devoir de policier, pouvant aller jusqu’au sacrifice de sa vie.

Mais contre ce mal qui ronge depuis des années les personnels de police, nos collègues se sentent démunis, désarmés, cette marche c’est un appel au secours afin que tous ensemble nous soyons autour d’eux, pour apporter notre soutien. Le mal- être des collègues résulte certainement de plusieurs causes ;

Les attaques verbales injurieuses, les attaques physiques qu’ils subissent au quotidien, les mises en cause de leur action dans la presse  créent un climat délétère devant  lequel ils doivent faire face.

Si, à cela vous ajoutez les conditions de travail déplorables, les tensions avec la hiérarchie, la vétusté des véhicules, l’insalubrité de certains locaux, l’accumulation d’heures supplémentaires non payées etc, on comprend aisément que les collègues aillent travailler

« La boule au ventre » comme ils ont coutume de dire.

Ce 2 octobre 2019 marquera dans l’histoire de la Police, par le nombre de manifestants jamais égalé à ce jour, mais surtout parce que tous les syndicats y participaient !

Je ne sais pas si cela était l’union sacrée, mais ce 2 octobre le parcours choisi de la Bastille à République résonne pour moi comme un symbole fort, très fort.

La Bastille, était le symbole de l’arbitraire, sa prise par le peuple insurgé a marqué le début d’une ère nouvelle incarnée par notre belle devise « Liberté, Egalité, Fraternité ».

Celle qui, malgré les aléas de l’histoire de France, reste gravée sur tous les frontons de nos  édifices publics. Celle qui reste à jamais portée dans nos cœurs de citoyens et pour laquelle de nombreux français ont , de tous temps, donné leur vie.

La République, autre symbole, pour lequel l’histoire a retenu le nom Joseph Bara d’un jeune tambour, âgé de 14 ans  des armées de la République, fait prisonnier lors de la guerre de Vendée, sommé de crier vive le Roi,  a crié vive la République. Il sera tué, transpercé par les lances des Chouans. Cette République que nous chérissons, est pour chaque français, le symbole de la démocratie, de la liberté et de la justice.

C’est bien pour cela, que les policiers sont là, pour défendre avec courage et  fierté les valeurs de la République !

Policiers républicains nous avons été durant notre activité, policiers républicains nous restons aux côtés de nos semblables nos jeunes collègues actifs.

R.Espanol