Liberté, j’écris ton nom

 

 

« Liberté, j’écris ton nom » (P. Eluard)

 Un ami ancien maquisard de Toul, près de NANCY, Fernand NEDELEC, décédé récemment à 95 ans, conférencier sur son vécu de la Seconde Guerre, affirmait :

 » Nous ne sommes conscients de ce qu’est la Liberté que lorsqu’on la perd… »

J’ai ressenti l’absence de Liberté une seule fois en visitant le Mémorial de l’Alsace-Moselle de SCHIRMECK, ouvert en 2005 pour expliquer la spécificité de cette région depuis 1870.  Ce musée est situé de l’autre côté de la vallée où fut implanté le terrible et unique camp de concentration français de  Natzweiler-Struthof.   52 000 prisonniers Résistants y furent détenus et 22 000 seront tués de mai 1941 à septembre 1944. Une partie du musée explique et illustre bien le mécanisme de nazification.

J’ai été choqué par le bureau reconstitué d’un officier de la Gestapo : il était identique à celui de tout policier français des années 1950-1960… Autre choc, l’attestation d’aryanité basé sur un arbre généalogique avec les actes de naissance, permettant de devenir fonctionnaire car attestant l’absence d’ancêtres juifs sur plusieurs générations. ( » Ahnenbaum « )

Alors, vivons-nous actuellement avec les confinements successifs, appelés « stop and go » (arrêt puis retour) une absence de liberté ?

Manifestement, oui. Mais dans un autre contexte qui n’a rien à voir.

On ne peut pas comparer l’attestation de dérogation, remplie par nous-mêmes, à un ausweis rédigé par la Gestapo, comme l’ont fait certains…

Ne pas respecter le couvre-feu la nuit pouvait conduire devant un peloton d’exécution, ou à la déportation. C’était autre chose qu’une éventuelle amende de 135 euros que l’on peut contester devant un Juge.

Certains collègues actifs et retraités sont choqués par les reportages sur les contrôles policiers de ces attestations. Ainsi, la chaîne « C news » a montré deux collègues féminines du commissariat d’Epinal contrôlant une dame âgée sortant d’une grande surface de Golbey, à qui a été demandée sa facture d’achats. Douane ou Police ?

Visiblement, cela a été demandé pour faire une « pub » aux contrôles. Les préfets doivent répondre de ces contrôles…

On connaît ces reportages de télévision pour servir de démonstration publique ou de propagande.

Mais ce qui gêne, le contrôle présenté est maladroit : une femme, seule, âgée, tirant un caddie…Il ne manquait plus qu’elle soit handicapée…

Quelle maladresse ! Aussitôt, on entend :  » Ah, c’est plus facile que d’arrêter un terroriste ou de contrôler un dealer ! »

Nos jeunes collègues manquent souvent de discernement…sauf s’il s’agissait d’éviter une rébellion !

Ce qui manque, ce sont des objectifs déterminés clairement à l’avance. On ne peut nier des flous artistiques, en étant gentil, de la part de ceux qui nous dirigent, et pas seulement avec les masques…

Sortir seulement une heure, cela ressemble un peu, il est vrai, à la sortie de cellule des prisons : une heure par jour pour prendre l’air ou fumer…Ne pas dépasser un kilomètre : comment on calcule ? A vol d’oiseau, ou la distance sur route ou chemin ? Au premier confinement, Google Mapp donnait 101 km entre mon domicile et une destination que je souhaitais rejoindre. J’ai enfreint l’interdiction pour un seul petit kilomètre.

En Espagne, on assiste à l’interpellation d’une jeune femme pratiquant le surf, dénoncée par des « adeptes d’une saine collaboration » …

Là, les dénonciations rappellent quand même une sale époque…

A part deux autres surfeurs très loin d’elle, personne sur la plage. Deux policiers totalement habillés comme des cosmonautes la conduisent pour audition…Idem, images de publicité sur la sévérité des autorités ibériques Quels risques provoqués par cette sportive ? Transmettre la covid à un requin ou à des moules ? Là aussi, quel manque de jugeote. La surveiller par contre sur son comportement urbain, c’est autre chose que de l’empêcher de nuire aux autres dans une zone déserte.

Il faut montrer des contrôles de Police dans le même esprit de protection qu’avait en temps de guerre la Défense passive, à laquelle participait des militaires et policiers habituellement un peu âgés ou retraités (réserve « collective de Défense ») et insister sur la protection et pas la verbalisation.

La Police doit apprendre à se faire aimer. Il y a du pain sur la planche !

 

Dominique BAGUET